José Tafani | 19/05/2012 | 105 vues
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Lundi 21 Mai 2012
7:06
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Vidéo surveillance : efficacité ou gabegie ?
Vendredi 7 Octobre 2011 - 16:38
35 caméras de vidéo-surveillances installées à Porto-Vecchio pour un montant de 1,2 millions d’euros, c’est la délibération adoptée le 23 mai dernier par la majorité municipale et retirée ce matin en conseil municipal, pour non-respect des procédures. Mais la majorité a d’ores et déjà annoncée la couleur, elle représentera cette délibération car les petits délits sont de plus en plus fréquents sur la voie publique. L’opposition municipale désapprouve ce choix de société. Efficacité ou Gabegie ?
Lors de sa visite à Porto-Vecchio, le préfet de Corse a réaffirmé que le premier rôle de l’Etat en Corse « était de lutter contre le sentiment d’insécurité et encourage fortement la mise en place de la vidéo protection ». Patrick Strzoda ne fait qu’appliquer la politique de sécurité mise en place depuis 2007. Concrètement, l’Etat incite les communes à s’équiper de caméras en finançant 50 % de l’investissement. Les crédits ne sont pas extensibles et pour y avoir droit la mairie de Porto-Vecchio s’est précipitée, sans respecter les procédures légales. Attaquée par Portivecchji Altrimenti au Tribunal administratif, la majorité municipale a retiré sa délibération avant même la décision de justice. « Nous n’allions pas attendre cette décision, il faut avancer vite et si l’Etat nous octroie le financement on représentera cette délibération » prévient Angelin Biancarelli, 1er adjoint au maire, en charge de ce dossier. Le coût de cette opération est de 1,2 millions d’euros, la moitié financée par l’Etat, 240 000 euros par la commune, le reste par le département la collectivité territoriale.
Choix de société
« En période de crise est-ce la priorité d’installer 35 caméras de surveillance à Porto-Vecchio » s’est interrogé Jean-Christophe Angelini, porte-parole de Portivecchji Altrimenti, lors d’une conférence de presse. Installées en haute ville, autour des établissements scolaires, sur le port de plaisance… l’objectif est de faire baisser la délinquance et les incivilités, ces caméras auraient un effet préventif et dissuasif. « Nous avons de nombreuses incivilités, notamment la nuit en haute ville, des vols dans les voitures » précise Angelin Biancarelli, et de poursuivre « il y a du trafic de drogues autour des établissements scolaires, la présence de caméra vidéo sera dissuasif ». Du côté de Porti-Vecchji Altrimenti on désapprouve « ce choix de société du tout sécuritaire qui ne nous correspond pas, ne nous convient pas ». Mais qu’en est-il exactement ?
Depuis cinq ans les caméras de surveillance fleurissent au-dessus de nos têtes. De la grande métropole jusqu'au village de zone rurale, les communes sont de plus en plus nombreuses à s'équiper en vidéosurveillance. Selon une étude indépendante réalisée par un collectif de sociologue dirigée par Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS « l'efficacité de cette technologie est tout sauf démontrée du point de vue scientifique ».
Cette étude fait apparaître que « l'impact de la vidéosurveillance se situe généralement entre 1 et 2 % du total des infractions de voie publique » et ces caméras sont inefficaces « sur les cambriolages de résidences principales ou secondaires et même, plus largement, sur toute la petite délinquance de voie publique des centres villes : vols à la tire, vols à l'arraché ».
Fluidifier la circulation
Ce bilan plus que médiocre conduit du reste nombre de villes déjà équipées à mobiliser prioritairement la vidéosurveillance à d’autres usages qui permettent d’en légitimer l’utilité : le contrôle de la circulation et du stationnement.
Un fonctionnement onéreux
Enfin, le visionnage et l’exploitation de ces images nécessite un grand nombre d’agents. Pour être réellement efficace, la vidéosurveillance supposerait l'embauche de nouveaux agents municipaux dûment qualifiés pour visionner les images ainsi que l'embauche de nouveaux policiers municipaux pour suppléer au retrait des nationaux.
Comme pour les contrôles renforcés dans les aéroports, ces caméras ne luttent pas contre l’insécurité, mais comme l’a dit le préfet de Corse, elles servent avant tout à combattre « le sentiment d’insécurité ». Dormez tranquille, Big brother veille.
Choix de société
« En période de crise est-ce la priorité d’installer 35 caméras de surveillance à Porto-Vecchio » s’est interrogé Jean-Christophe Angelini, porte-parole de Portivecchji Altrimenti, lors d’une conférence de presse. Installées en haute ville, autour des établissements scolaires, sur le port de plaisance… l’objectif est de faire baisser la délinquance et les incivilités, ces caméras auraient un effet préventif et dissuasif. « Nous avons de nombreuses incivilités, notamment la nuit en haute ville, des vols dans les voitures » précise Angelin Biancarelli, et de poursuivre « il y a du trafic de drogues autour des établissements scolaires, la présence de caméra vidéo sera dissuasif ». Du côté de Porti-Vecchji Altrimenti on désapprouve « ce choix de société du tout sécuritaire qui ne nous correspond pas, ne nous convient pas ». Mais qu’en est-il exactement ?
Depuis cinq ans les caméras de surveillance fleurissent au-dessus de nos têtes. De la grande métropole jusqu'au village de zone rurale, les communes sont de plus en plus nombreuses à s'équiper en vidéosurveillance. Selon une étude indépendante réalisée par un collectif de sociologue dirigée par Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS « l'efficacité de cette technologie est tout sauf démontrée du point de vue scientifique ».
Cette étude fait apparaître que « l'impact de la vidéosurveillance se situe généralement entre 1 et 2 % du total des infractions de voie publique » et ces caméras sont inefficaces « sur les cambriolages de résidences principales ou secondaires et même, plus largement, sur toute la petite délinquance de voie publique des centres villes : vols à la tire, vols à l'arraché ».
Fluidifier la circulation
Ce bilan plus que médiocre conduit du reste nombre de villes déjà équipées à mobiliser prioritairement la vidéosurveillance à d’autres usages qui permettent d’en légitimer l’utilité : le contrôle de la circulation et du stationnement.
Un fonctionnement onéreux
Enfin, le visionnage et l’exploitation de ces images nécessite un grand nombre d’agents. Pour être réellement efficace, la vidéosurveillance supposerait l'embauche de nouveaux agents municipaux dûment qualifiés pour visionner les images ainsi que l'embauche de nouveaux policiers municipaux pour suppléer au retrait des nationaux.
Comme pour les contrôles renforcés dans les aéroports, ces caméras ne luttent pas contre l’insécurité, mais comme l’a dit le préfet de Corse, elles servent avant tout à combattre « le sentiment d’insécurité ». Dormez tranquille, Big brother veille.
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