alcudina
Lundi 21 Mai 2012
7:04
   

Natalie Balsan: l'exquise révélation de l'art


Vendredi 1 Avril 2011 - 06:01

Lorsque vous vous trouvez face à Nathalie Balsan, la manière dont elle vous regarde ne peut pas vous échapper. Il ne s’agit pas d’un simple regard passif et vous n’êtes pas un simple interlocuteur. Non, elle a ce regard perçant qui étudie les courbes de votre visage, qui pénètre votre âme et fait de vous un modèle virtuel


Natalie Balsan: l'exquise révélation de l'art

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C’est mécanique, peut-être inconscient, mais cela révèle la puissante imprégnation de son art en elle. Pourtant, cet amour pictural si flagrant s’est dévoilé tardivement.

Un parcours atypique
Nathalie Balsan, inscrite dans un mouvement expressionniste, se présente comme un peintre dessinateur. Avant la peinture, elle s’est d’abord initiée au dessin et à la sculpture et, depuis 2007, elle pratique la gravure. Elle travaillera successivement les paysages, les nues et les portraits. Elle précise que le travail du nu est indispensable, « toute la formation des peintres passe par là. Parce que les courbes du corps, plutôt féminin, sont non sans rappeler les lignes de l’horizon. » Hélas, au grand regret de Nathalie Balsan, la Corse manque cruellement de modèles de nu.
Elle fait également toute une série d’autoportraits où elle explique qu’il faut être sans concession sur son propre visage. « Cela demande un regard lucide sur soi. Il faut s’aimer avec ses faiblesses et ses forces, il faut se connaître… ». Aujourd’hui, après un séjour au Japon, elle cherche « à développer des compositions mentales ». « Je tente d’intégrer des personnages dans des paysages selon la méthode du peintre Nicolas Poussin, et selon des thèmes liés aux émotions que je ressens. »
Cet amour de la peinture, à la différence de ce qu’on pourrait croire, est quasiment neuf. L’artiste nous explique qu’elle est issue d’« une famille très rigide où il n’y avait pas de place pour autre chose que l’économie et la finance ». Elle suit donc un cursus “type” en Histoire et à Science Po. Elle crée sa propre société, dans les années 85, dont l’objectif est de relater l’histoire récente des entreprises. C’était pour elle « une manière de valoriser ses connaissances en histoire, politique et économie, mais aussi une manière d’être performante et faire plaisir à sa famille ». Elle travaille avec des entreprises de renom comme les Câbles de Lyon, Hermès ou Facom. Malgré cela et le soutien de son oncle, Ernest Antoine Seillière, ancien patron du MEDEF, Nathalie Balsan doit mettre la clef sous la porte. En 1998, elle rejoint la société de production de film de son frère Humbert Balsan, disparu en 2005.
C’est un an plus tard, à l’âge de 50 ans, qu’elle tombe en arrêt devant la beauté du Valinco, et que l’évidence s’impose : elle doit reproduire ces paysages sur la toile. « J’étais salarié à plein temps dans la société de mon frère, j’étais lectrice de scénarios, j’élevais seule mon enfant et, en même temps, j’apprenais à peindre et à dessiner. Mais dès l’instant qu’il y a eu ce déclic, il n’y a pas eu de doute. C’est comme si à 50 ans, je commençais à sortir de l’adolescence, je commençais ma vie ».

De nouvelles perspectives
Ses premières expositions commencent dès 2004. Nathalie Balsan est consciente que « normalement il faut attendre dix ans mais j’avais envie d’avoir ce frisson quant au regard de l’autre. Or, il s’agit d’un succès factice car après l’effervescence immédiate, cela retombe, et on retourne à sa solitude ». Elle admet que l’« on expose pour le gain, mais que c’est aussi un moteur pour le travail. En somme, l’exposition est une vitrine commerciale ». Depuis deux ans, du fait de la crise, les expositions se sont modérées et les achats se raréfient. « Mais dans un sens, ce n’est pas plus mal, confie-t-elle, car je peins à mon allure, j’ai dû simplement ralentir mon train de vie et mes aspirations concrètes. » Aujourd’hui, elle vit de ses économies personnelles et développe un travail pédagogique. Depuis trois ans, elle est installée à « Sartène qui l’a impressionnée par sa masculinité et son austérité », et, avec l’aide de la Collectivité Territoriale de Corse, elle dirige une association, Atelier Paccialedda. Il s’agit de toucher la sensibilité artistique de chacun, enfants et adultes, à travers des ateliers et des stages. Ainsi, elle est en relation avec l’APA, Atelier de Pratique Artistique, les bibliothèques de Propriano et de Sartène afin de faire travailler des classes de primaire autour du portrait. Quant aux adultes, l’Atelier sera ouvert au public du 16 au 25 Avril.


Atelier Pascialedda
19 rue Félicien Marchi
20100 Sartène
Tel : 06 73 76 33 28
Stage le 10 avril, le 22 mai et le 19 juin 2011.

Salon de Mai, Argenteuil, le 7 et 8 Mai
Galerie Arkane , Ajaccio, du 12 au 24 Septembre
Exposition à Paris courant Novembre
Sandrine Rinaldi
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